Dossier fiscal · Règles 2026

PEA, succession, crypto : les règles 2026 à connaître pour suivre son patrimoine

Trois sujets où un tableur se trompe facilement : la fiscalité réelle d’un PEA, ce que coûte une transmission et la façon dont une plus-value crypto est vraiment calculée. Chiffres vérifiés sur les sites officiels, exemples chiffrés à l’appui.

150 000 €plafond de versements d’un PEA classique
18,6 %prélèvements sociaux sur les gains de placement en 2026
100 000 €abattement par enfant et par parent en succession
31,4 %PFU sur les plus-values crypto en 2026

L’essentiel

  • Le plafond du PEA porte sur les versements, pas sur la valeur du compte. Après 5 ans, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu, mais les prélèvements sociaux restent dus : 18,6 % pour un retrait en 2026.
  • Au décès, le PEA est clôturé : il ne se transmet pas tel quel, et sa valeur entre dans la succession.
  • En ligne directe, chaque enfant bénéficie de 100 000 € d’abattement par parent ; le conjoint et le partenaire de Pacs sont exonérés. Les donations des 15 dernières années sont rappelées.
  • En crypto, le seuil de 305 € s’apprécie sur le total des cessions de l’année, pas sur les gains, et la plus-value se calcule sur l’ensemble du portefeuille, pas ligne par ligne.

Le patrimoine en France obéit à des règles précises : des plafonds, des abattements, des taux à une décimale. Et pourtant, on les suit souvent dans un tableur où la date d’ouverture du PEA est une cellule jaune « à vérifier ». Ce dossier rassemble les trois sujets qui reviennent le plus quand on veut suivre un patrimoine, pas le « maximiser » : ce que coûte vraiment un retrait de PEA, ce qu’une transmission implique, et comment une plus-value crypto est calculée par l’administration.

Chaque chiffre renvoie à une source officielle listée en fin d’article, avec sa date de vérification.

1. PEA : 150 000 €, 5 ans… et des prélèvements sociaux toujours dus

Un plafond de versements, pas de valeur

Le plafond d’un PEA classique (bancaire ou assurance) est de 150 000 € de versements. Si vos titres prennent de la valeur et que le compte atteint 250 000 €, personne ne vous demande de retirer l’excédent : seul le cumul de ce que vous avez versé compte. Deux variantes à connaître :

  • le PEA-PME-ETI : 225 000 € de versements, mais le cumul PEA classique + PEA-PME-ETI ne peut pas dépasser 225 000 € ;
  • le PEA « jeune », ouvert à un majeur rattaché au foyer fiscal de ses parents : plafond limité à 20 000 €.

Conséquence pratique : un suivi de PEA doit conserver le cumul des versements, et pas seulement la valeur du jour. C’est ce cumul qui sert à calculer le gain imposable.

Avant et après 5 ans

Règles de retrait et d’imposition d’un PEA selon son ancienneté
Avant 5 ansAprès 5 ans
RetraitTout retrait entraîne la clôture du plan, sauf exceptions (licenciement, invalidité, mise à la retraite anticipée, création ou reprise d’entreprise)Retraits partiels possibles sans clôture ; les versements restent possibles
Impôt sur le revenu12,8 % sur le gain net (ou barème progressif, sur option globale)Exonéré
Prélèvements sociauxDusDus : 18,6 % pour un retrait en 2026 (cas général)

La nuance qui coûte cher dans les tableurs : « exonéré d’impôt » ne veut pas dire « sans fiscalité ». Depuis la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, la CSG sur les revenus de placement est passée de 9,2 % à 10,6 %, ce qui porte les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % dans le cas général. L’assurance-vie, les revenus fonciers, les plus-values immobilières et le PEL restent, eux, à 17,2 %.

Exemple chiffré

Un PEA ouvert en 2016 a reçu 60 000 € de versements et vaut 95 000 € en 2026. Le gain latent est de 35 000 €.

  • Retrait total : impôt sur le revenu 0 € ; prélèvements sociaux 35 000 × 18,6 % = 6 510 €. Le plan est clôturé.
  • Premier retrait partiel de 10 000 € : la part de gain contenue dans le retrait vaut 10 000 × 35 000 / 95 000 ≈ 3 684 €, soit environ 685 € de prélèvements sociaux. Le plan continue.

Si le plan avait eu moins de 5 ans, le retrait total aurait coûté en plus 12,8 % × 35 000 = 4 480 € d’impôt, soit 10 990 € au total au PFU.

Ce qu’il faut donc noter, et garder à jour : la date d’ouverture (elle conditionne les 5 ans), le cumul des versements et l’historique des retraits. Si la date d’ouverture est fausse, toute simulation de sortie est fausse. Dans PGuard, chaque compte-titres PEA porte sa date d’ouverture, et la vue Fiscalité en tient compte pour distinguer un PEA de moins de 5 ans d’un PEA « mûr ».

Vue Fiscalité de PGuard en 2026 : charge fiscale, plus-values latentes et réalisées, comparaison entre le PFU à 31,4 % (dont 18,6 % de prélèvements sociaux) et le barème de l’impôt sur le revenu.
La vue Fiscalité de PGuard applique les taux 2026 : PFU à 31,4 %, dont 18,6 % de prélèvements sociaux, comparé au barème. Les dividendes perçus dans le PEA restent hors PFU tant qu’aucun retrait n’est fait, et la crypto est affichée « NC ».

2. PEA et décès : le plan ne se transmet pas

C’est un point souvent ignoré : au décès du titulaire, le PEA est clôturé par l’établissement. Les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu, quelle que soit l’ancienneté du plan, mais les prélèvements sociaux sont prélevés. Les titres (ou leur valeur) rejoignent ensuite la succession, où ils supportent les droits de succession selon le lien de parenté des héritiers.

Autrement dit, un PEA n’est pas un outil de transmission comme l’assurance-vie : c’est un outil de capitalisation. Pour un suivi patrimonial, cela change la lecture d’un patrimoine « net de fiscalité » : la valeur d’un PEA transmis n’est pas sa valeur affichée, mais sa valeur moins les prélèvements sociaux sur le gain, puis moins la part des droits de succession qui lui revient.

3. Succession : 100 000 € par enfant, conjoint exonéré

Les abattements à connaître

Abattements applicables aux droits de succession selon le lien de parenté
HéritierAbattement ou régime
Conjoint marié ou partenaire de PacsExonéré de droits de succession
Enfant (ligne directe)100 000 € par parent
Frère ou sœur15 932 € (exonération totale sous trois conditions : célibataire, veuf, divorcé ou séparé ; plus de 50 ans ou invalide ; domicilié avec le défunt pendant les 5 ans précédant le décès)
Héritier handicapé159 325 €, cumulables avec l’abattement de parenté
À défaut d’autre abattement1 594 €

Le conjoint survivant et le partenaire de Pacs sont donc exonérés sur ce qu’ils reçoivent. Attention au raccourci « le couple ne paie rien sur rien » : le partenaire de Pacs n’hérite que s’il a été désigné par testament, l’exonération portant alors sur ce qu’il reçoit ; et le concubin, lui, est taxé à 60 % après 1 594 € d’abattement.

Le barème en ligne directe

Barème des droits de succession en ligne directe, par tranche de part taxable
Part taxable après abattementTaux
Jusqu’à 8 072 €5 %
De 8 072 € à 12 109 €10 %
De 12 109 € à 15 932 €15 %
De 15 932 € à 552 324 €20 %
De 552 324 € à 902 838 €30 %
De 902 838 € à 1 805 677 €40 %
Au-delà de 1 805 677 €45 %
Exemple chiffré

Un parent veuf laisse un actif net de 500 000 € à ses deux enfants, sans donation au cours des 15 dernières années. Chaque enfant reçoit 250 000 € ; après l’abattement de 100 000 €, sa part taxable est de 150 000 €.

Droits par enfant : 403,60 € (5 %) + 403,70 € (10 %) + 573,45 € (15 %) + 26 813,60 € (20 % sur 134 068 €) ≈ 28 194 €, soit environ 56 389 € pour les deux.

Le rappel des donations sur 15 ans

L’abattement de 100 000 € n’est pas « neuf » à chaque événement : les donations consenties par le même parent au cours des 15 dernières années sont rappelées et consomment l’abattement. Une donation de 60 000 € faite il y a huit ans ne laisse donc que 40 000 € d’abattement au décès. À côté, le don familial de sommes d’argent (31 865 €, donateur de moins de 80 ans, bénéficiaire majeur) est un abattement distinct, qui se cumule.

Ce que votre suivi doit séparer

Un « patrimoine du ménage » n’est pas un propriétaire fiscal unique. Pour qu’un abattement de 100 000 € soit autre chose qu’une anecdote de dîner, il faut pouvoir distinguer :

  • qui possède quoi : biens propres, biens communs, indivision ;
  • les démembrements (usufruit, nue-propriété), qui ne se valorisent pas à 100 % ;
  • l’assurance-vie, qui suit ses propres règles : 152 500 € d’abattement par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans, 30 500 € au total pour celles versées après ;
  • les donations déjà consenties et leur date.

Enfin, la loi protège une part minimale pour les enfants (la réserve héréditaire) : avec un enfant, vous pouvez librement disposer de la moitié de votre patrimoine ; avec deux, d’un tiers ; avec trois ou plus, d’un quart. PGuard reprend ces repères dans Analyse › Conseils (catégorie Succession), à partir du nombre d’enfants que vous renseignez : ce sont des ordres de grandeur, pas une liquidation notariale.

4. Crypto : PFU de 31,4 % et un calcul qui n’est pas ligne par ligne

Le taux et le seuil

Pour un particulier qui investit à titre occasionnel, les plus-values de cession d’actifs numériques réalisées en 2026 sont soumises au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Il est possible d’opter pour le barème progressif, mais l’option est globale (case 3CN) et vaut pour tous les revenus et plus-values concernés par le PFU.

Le seuil d’exonération de 305 € est souvent mal compris : il porte sur le total des prix de cession de l’année au niveau du foyer fiscal, pas sur la plus-value. Vendre pour 400 € de crypto avec 20 € de gain rend la cession imposable.

Ce qui déclenche l’impôt, et ce qui ne le déclenche pas

  • Imposable : la conversion en euros (ou toute monnaie ayant cours légal), et le paiement d’un bien ou d’un service en crypto.
  • En sursis d’imposition : les échanges entre actifs numériques sans soulte (BTC contre ETH, par exemple), y compris vers des stablecoins.
  • Moins-values : elles s’imputent sur les plus-values de même nature de la même année, mais ne se reportent pas sur les années suivantes.

La formule du prix total d’acquisition

La plus-value ne se calcule ni en FIFO ni ligne par ligne, mais sur l’ensemble du portefeuille, selon l’article 150 VH bis du Code général des impôts :

Plus-value = prix de cession − (prix total d’acquisition × prix de cession ÷ valeur globale du portefeuille au moment de la cession)

Exemple chiffré

Vous avez acheté pour 10 000 € de crypto au total, toutes monnaies confondues. Votre portefeuille vaut 20 000 € le jour où vous vendez pour 5 000 € contre des euros.

  • Plus-value : 5 000 − (10 000 × 5 000 ÷ 20 000) = 2 500 € ;
  • impôt au PFU : 2 500 × 31,4 % = 785 € ;
  • le prix total d’acquisition retenu pour la cession suivante tombe à 10 000 − 2 500 = 7 500 €.

C’est pour cette raison qu’un historique propre des achats compte davantage qu’une belle courbe de performance : sans prix total d’acquisition fiable, la « perf crypto » est une opinion, pas une base taxable. Les cessions se déclarent sur le formulaire 2086, et les comptes détenus sur des plateformes étrangères sur le formulaire 3916-3916 bis.

Ce que fait PGuard, et ce qu’il ne fait pas. PGuard suit vos positions crypto, leurs dates et leurs coûts d’acquisition, mais il n’établit pas votre formulaire 2086 : l’estimation fiscale crypto y est volontairement affichée « NC ». Pour la déclaration, un outil dédié au calcul du prix total d’acquisition reste nécessaire.

5. Excel, Finary, PGuard : qui fait quoi

Finary rend un vrai service à ceux qui veulent brancher leurs comptes bancaires et voir rapidement leur épargne « classique ». Là où cela frotte, c’est le hors-bilan moins standard (collections, luxe, immobilier avec ses dettes) et le besoin de corriger une valorisation sans attendre un connecteur.

Excel, lui, accepte tout, jusqu’au jour où l’onglet « Succession_v2 » ne dit plus la même chose que « Crypto_essai ». Remplacer Excel ne veut pas dire brûler vos fichiers : cela veut dire arrêter d’en faire le registre officiel de votre patrimoine.

PGuard se place sur le créneau du cockpit multi-actifs sous votre contrôle, sans connexion bancaire obligatoire. Si votre priorité absolue est la synchronisation bancaire quotidienne, un autre outil peut mieux vous convenir. Si elle est de réunir PEA, immobilier, crypto et objets de collection dans une vue fiable que vous gardez en main, c’est pour cela qu’il a été construit.

Sources officielles

Chiffres vérifiés le . Les règles fiscales changent à chaque loi de finances : cet article est relu et daté à chaque mise à jour.

  1. Plan d’épargne en actions (PEA) — service-public.gouv.fr Plafonds, retraits avant et après 5 ans, clôture au décès. Page vérifiée par la DILA le 22 mai 2026.
  2. Fiscalité des gains d’un PEA — service-public.gouv.fr Imposition à 12,8 % avant 5 ans, exonération d’impôt sur le revenu après 5 ans.
  3. Prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine et de placement — service-public.gouv.fr 18,6 % dans le cas général en 2026, 17,2 % maintenus pour l’assurance-vie, les revenus fonciers et les plus-values immobilières. Page vérifiée le 30 juin 2026.
  4. Droits de succession : évaluation et calcul — service-public.gouv.fr Abattements, exonération du conjoint et du partenaire de Pacs, barème en ligne directe.
  5. Droits de donation selon le lien avec le donateur — service-public.gouv.fr Abattement renouvelable tous les 15 ans, don familial de sommes d’argent de 31 865 €.
  6. Réserve héréditaire et quotité disponible — service-public.gouv.fr
  7. Imposition des assurances-vie en cas de décès — impots.gouv.fr Abattements de 152 500 € et 30 500 €.
  8. Déclarer les plus ou moins-values sur cessions d’actifs numériques — impots.gouv.fr PFU de 31,4 %, seuil de 305 € sur les cessions, formulaires 2086 et 3916-3916 bis. Page mise à jour le 17 juillet 2026.
  9. Articles 150 VH bis et suivants du Code général des impôts — Légifrance Formule de calcul de la plus-value sur actifs numériques.

Une erreur, un chiffre qui a changé ? Écrivez à support@pguard.fr : chaque correction met à jour la date de vérification.

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Article informatif publié par MFE Labs (PGuard). Il ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou financier personnalisé. Vérifiez les textes en vigueur ou consultez un professionnel avant toute décision.